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Victor Hugo est un écrivain francophone qui a publié plusieurs romans, quelques recueils de poèmes, des articles et des pièces de théâtre. Il a été assez connu à une certaine époque et conserve aujourd'hui une certaine célébrité (essentiellement du fait de son homonymie avec HUGO BOSS). Toutefois, personne chez LeS dOiGtS bLeUs ne l'a oublié. C'est donc tout naturellement que nous avons demandé à ce héros et hérault de la révolution littéraire de parrainner notre concours de remixes. Voici son interview exclusive réalisée par l'intermédiaire du Professeur S. Menestrier, notre médium.
Qu'est-ce qui vous a poussé à parrainer le concours de remixes littéraires organisé par LeS dOiGtS bLeUs et les éditions Biliki ?
Ils m'ont demandé très gentiment et comme j'ai pas mal de temps libre en ce moment j'ai dit oui.
Pouvez-vous nous dire en quelques mots en quoi consiste un remix littéraire ?
Biensûr. Un remix c'est la déconstruction d'une œuvre suivie d'une reconstruction dans le cadre de laquelle on procède à des ajouts et des retraits. En d'autres termes, tu prends un texte et tu le revisites. Tu changes le début, le milieu, la fin, tu changes la chronologie, tu rajoutes des personnages, ou encore tu gardes la même idée mais tu changes le style de narration, le contexte, l'époque… Un petit peu comme un remix musical sauf que tout se passe sur le papier.
L'idée que l'on remixe des textes ne vous dérange-t-elle pas en tant qu'auteur ?
Toute création artistique a droit au respect. Ca c'est clair. Mais remixer ce n'est pas manquer de respect. On peut comprendre que quelqu'un qui aime un texte ait envie de composer des variations sur ce thème, de le modifier. On l'a tous fait un jour ou l'autre. Quand tu es connu et que tu fais ça, ça s'appelle un hommage. Quand tu es inconnu, ça s'appelle du plagiat. Je suis heureux que l'on relance aujourd'hui cette tradition oubliée du remix.
En plus, dans notre concours il s'agira de textes anciens. Les remixes seront donc une façon de leur donner une nouvelle jeunesse. Comme je dis toujours, faut pas passer son temps à sniffer de la poussière, faut aller de l'avant. Ecrire pour l'ici et le maintenant.
Mais le remix est-il vraiment de l'art ?
Premièrement, arrêtons d'essayer de dire si tel ou tel truc est vraiment de l'art ou pas. Deuxièmement, le remix est, quoi qu'on en dise, un acte de création. Que tu appelles ça de l'art ou du lard, c'est ton problème, mais en tout cas, je peux te dire que beaucoup de remixes valent le détour.
Vos écrits vont-ils être remixés eux aussi lors du concours ?
Lors du concours je ne sais pas, car ça ne dépend pas de moi, mais remixé je l'ai été plus d'une fois. Il y a des mecs qui ont fait une comédie musicale à partir de mon roman Les Misérables, il y en a d'autres qui ont samplé quelques répliques de Ruy Blas pour une chanson d'IAM. Quand j'étais jeune, je passais moi même de longues soirées à remixer les textes de Chateaubriand dans ma chambre. C'est comme ça que j'ai appris le métier d'écrivain. Y a que ça de vrai.
Pourriez-vous nous dire en quoi consistera le concours de remixes que vous parraînez ?
C'est très simple. Les gens remixent des textes anciens de leur choix. Il faut que les textes ou leurs traductions en français datent au plus tôt du 19e siècle. Chaque remix doit faire entre 1000 et 10.000 mots (c'est à dire grosso modo entre 1 et 20 pages tapées à l'ordinateur au format normal). Les remixes doivent être envoyés avec le texte original avant le 25 décembre à minuit. Après cette date, les textes envoyés seront lus par un jury et les meilleurs remixes seront publiés dans un recueil aux éditions Biliki. Elle est pas belle la vie ?
Propos recueillis par Arvan Seykar
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